Livre: "Chute et mort de Constantinople" de Jacques Heers

Publié le par medielivres.over-blog.fr

 



Constantinople, empire byzantin, église d'Orient,... Chez moi ces mot ont toujours évoqué des entités mystérieuses, aux traits géographiques, culturels et religieux approximatifs. J'ai donc sauté sur cet ouvrage afin d'y voir un peu plus clair, de comprendre le pourquoi du comment de cette civilisation. Et en l'occurrence, le pourquoi du comment de son déclin. Jacques Heers nous propose dans cet ouvrage des rappels essentiels concernant ses origines, en appuyant notamment sur l'influence de la rome Antique. On passe par le schisme de 1054, et on s'attarde bien entendu sur la première prise de Constantinople par les croisés. Alors que ceux-ci viennent s'embarquer sur les bateaux construits à cette occasion par les marchands vénitiens pour faire la guerre aux musulmans, des difficultés de paiement (les passagers sont en sous-nombre par rapport à ce qui avait été prévu) placent ces combattants en mauvaise posture. Pour payer la dette, les transporteurs vont alors leur proposer de faire un gros détour avec leur armée pour leur compte, détour qui va les amener jusqu'à Constantinople, ville chrétienne, mais ce dernier détail ne perturbera pas les troupes d'envahisseurs, du moins pas assez d'entre elles pour invalider ce projet. Jacques Heers nous explique en détail comment on a pu en venir à cette abberration qui va priver les armées de Terre Sainte de leurs renforts pour provoquer un conflit très discutable dans le contexte de l'époque. Comment part-on faire une guerre et se retrouve-t'on à en faire une autre, contre ses alliés de surcroît ? Tout cela est très instructif, l'auteur explique très bien les mécanismes de la dérive.
La suite nous donne de nombreux détail et événements qui nous amènent jusqu'à la prise de Constantinople par les troupes de Mehmet II en 1453. En comparant les deux défaites byzantines, il m'a personnellement semblé que la première d'entre elles aurait pu largement être évité sans les chaos politiques intérieures, du moins, c'est ce que j'ai conclu de cet ouvrage, j'espère à raison (sinon je n'ai rien compris :) ). Comme souvent sur ces périodes, on découvre une complexité politique propice à créer des situations et des rebondissements assez saisissants, ce qui est bien rendu par l'auteur même si le style est très éloigné du roman, on sent en effet la présence d'un historien dans l'écriture, rigoureuse avant tout.

 

  A venir: "Les templiers" de Michel Lamy.

 

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